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17/11/2017

 
 
 
 
Je voulais faire une présentation mais tout sonnait répétitif et inintéressant, donc on va s'en passer.
C'est un blog fiction sur Fairy tail et le Nalu.
 

 
Deux petites précisions : j'écris. J'accepte donc les demandes d'amis de ceux qui ont au moins essayé de lire mes écrits. Mais si la fic ne vous intéresse pas on peut papoter sur mon autre blog : ici. Les prévenus sont acceptés avec grand plaisir, mais s'engagent à laisser un com à la sortie des chapitres. Bonne visite ♥ Autre blog fiction : nalufictions -  gajeel-levy-fictions.




 
 
Fiction 1.
A taste of Paradise.
UA - Comédie - Drame - Romance - Aventure - Action - Road trip.


Lucy fuit le manoir Heartfilia après avoir été mêlée à une affaire horrifiante. En chemin, elle rencontre Grey et Natsu, deux jeunes hommes qui, à bord de leur calèche, arpentent les routes. Une suite de mésaventure les conduira à faire tous trois routes ensemble...
 
 
Chapitres : 1 - 2 - 3
Prévenus : Cameby - Yume-Azami - ToukaYuukiFT - Nono-de-Fairy-Tail-NALU - Les-Mangas-Animes - Nxtsu -  toi ? :3
Répertoires : LaMaisonEditions 
 
 
 
 
Fiction 2.
Vie de campus.
UA - Scolaire - Comédie - Romance - Tranche de vie.



La première année de sa licence de lettres modernes commence et Levy sent déjà les changements arriver. Lucy et Erza ont leur copains, sont dans des licences différentes, se font des nouveaux amis... Et elle, de son côté, a du mal à embrayer. Le changement est marqué par sa rencontre avec Juvia et Gajeel, deux personnes complètement différentes d'elle. Entre anciennes et nouvelles expériences, morale et idée du bonheur, l'année risque d'être bien remplie...
 
Chapitres : Prologue - 1

A taste of Paradise, Chapitre 1. 17/11/2017

 
 
A taste of Paradise, Chapitre 1.

 
 
Tout aurait pu se passer un jour sombre, un jour de tempête. Le tonnerre aurait pu retentir, l'éclair foudroyer le ciel étoilé et nuageux, et la lueur de la lune guider ses pas alors qu'elle avançait, enveloppée dans la noirceur d'une nuit d'hiver encore fraîche... Mais sa fuite n'avait rien d'aussi chevaleresque. L'immense manteau noir qui l'enveloppait jurait fortement avec le paysage. L'arrière-cour du manoir Heartfilia avait un charme presque diabolique une fois la nuit tombée, mais la journée, ce n'était que des lopins de terre sur lesquels poussaient des fleurs aux couleurs multiples et autour desquels serpentaient des allées pavées. Un autre élément destiné à montrer aux yeux du monde l'opulence qui rimait avec le nom Heartfilia. Elle ne trouvait plus aucun bonheur dans le fait de respirer ces effluves douces, voir ces fleurs au charme délicat, tout ça était devenu trop... Faux pour elle.
 
Elle la traversa, piétinant l'allée de tulipes pour se rapprocher de la faille dans la clôture. Se souvenir des fois où elle avait eu l'occasion de s'en servir ne lui apportait aujourd'hui qu'un arrière-goût amer.
 
Enfin dehors. En temps normal, elle respirait mieux une fois sortie. Le manoir Heartfilia, entouré de clôtures, fermé par un immense portail, clos à ceux qui n'apportaient rien financièrement à l'entreprise éponyme ou à ceux qui n'étaient pas prêts à se mouiller pour entretenir la famille qui l'habitait pouvait être aussi large qu'il le souhaitait, on pouvait y ajouter des hectares, l'étendre jusqu'à ce qu'il empiète sur les villes alentours, peu importe : il la rendait claustrophobe.
 
Aujourd'hui, pour la première fois, elle sentait que ce n'était pas le domaine Heartfilia qui l'étouffait mais le ciel, l'immense ciel qui se dressait au-dessus d'elle. Et peu importe où elle irait, peu importe où elle courrait, si loin soit cette destination, la jeune héritière serait toujours sous cette étendue bleue qui surplombait son être de toute sa grandeur.
 
Elle courut. Tout l'énervait, la frustrait, la rendait sensible. Ces fleurs qu'elle trouvait hideuses, ce domaine des Heartfilia qui l'empêchait d'être elle-même, le fait que même en en sortant elle ne parvienne pas à se sentir libérée, l'impression de ne pas se connaître elle-même, et surtout, cet aspect à fleur de peau, son impression de se victimiser, de voir le mal partout, de n'avoir goût à rien.
 
Son cerveau surchauffait. Elle continua à courir.
 
Des larmes coulaient maintenant. Elle respirait bruyamment. Ses chevilles la lançaient, elle trébucha sur un caillou caché au milieu des herbes à la couleur jaunie qui lui correspondaient tellement mieux que l'herbe verte qui poussait dans son arrière-cour... Elle voulait enlever le manteau, le laisser là, par terre, et courir encore. Il lui tenait chaud, rendait son corps plus lourd, rendait ses mouvements plus lents... Il lui rappelait ce qui venait de se passer, il lui rappelait pourquoi elle devait fuir, fuir le manoir, fuir les événements, et cette fois, ne pas revenir.
 
L'adrénaline était ce dont elle avait besoin. L'adrénaline la suivait depuis qu'elle était sortie de sa chambre et avait dévalé les escaliers pour fuir par la porte destinée aux employés de jardin, mais ce n'était pas suffisant pour qu'elle arrête de penser. Et c'était ce qu'il fallait à Lucy, là, tout de suite. Ne plus penser.
 
Elle courait depuis un moment maintenant. Si ses réflexions incessantes avaient cessé, c'était simplement pour laisser place à une série de flash-backs, de souvenirs récents ou longtemps oubliés. Elle s'arrêta un instant, simplement pour prendre sa respiration. La jeune femme sentait son c½ur se décrocher de sa cage thoracique, et son besoin de continuer à avancer croître malgré tout. A l'aide de son poignet elle essuya sa joue où se mêlaient larme et sueur, sans succès. Ses sanglots et sa respiration se mêlaient, sa voix chercha à articuler quelques mots, ne laissant échapper qu'un son rauque et inaudible.
 
Combien de temps faudrait-il avant qu'elle puisse rejoindre le village ?  
 
Elle se sentait encore en sécurité pour l'instant. Le manoir était loin derrière elle, et devait être en effervescence à l'heure actuelle. La route n'était plus très loin, elle le sentait. L'envie de fuir se dissipait, ses jambes également, prêtes à disparaître sous son poids. Son corps s'écroula comme si sa volonté n'avait plus le moindre effet sur lui. Epuisée, autant qu'une femme qui n'avait pas vu le soleil depuis plus de trois mois, qui n'avait pas pu se dégourdir les jambes depuis pouvait l'être après une course pareille. Une dernière expiration rauque et ses yeux se fermaient. Son c½ur se serra une dernière fois en repensant à ce qui s'était passé cet après-midi. Elle quittait enfin l'étreinte de la famille Heartfilia, voyait déjà s'éloigner le souvenir omniprésent de Layla et la figure autoritaire de Jude qui avait jusque là flottée au-dessus de son existence. Elle se vit s'éloigner elle-même de son état de conscience et sombrer dans les bras de Morphée.
  
A taste of Paradise, Chapitre 1.
 
“Si tu savais lire une carte on en serait pas là
 - Pourquoi est-ce que j'aurai le besoin de lire une carte ? Je m'en sors très bien sans. Je connais cette ville comme ma poche.
 - Ooh, je sais pas, pourquoi devrais-tu lire une carte... Ah oui, parce que ton sens de l'orientation est à chier, et que tu ne connais pas du tout les routes de la ville dont on revient ?
 - ... Oh la ferme.” Conclut Grey, de mauvaise humeur.
 
Natsu regarda autour de lui. Il n'avait jamais été aussi content de reconnaître le domaine familier des Heartfilia. Lui qui pensait d'habitude que tout ce qui avait à voir avec Jude ne pouvait mener à rien de bon était pour une fois ravi de se trouver dans sa juridiction. Son regard s'arrêta sur un oiseau, une pie en plein vol. On en voyait pas si souvent. Il suivit son mouvement, l'observa jusqu'à son atterrissage sur une tête blonde. L'oiseau tentait de saisir dans son bec les fils dorées, sans succès.
 
Les yeux du jeune homme s'écarquillèrent. Une tête blonde ? Des fils dorées ?
 
“Grey, stop la calèche.”
 
Le brun s'exécuta, non sans ronchonner. Il tira sur les rênes et les chevaux auxquels étaient attelés leur charrue ralentirent jusqu'à s'immobiliser. Natsu avait déjà sauté de leur perchoir et contourné l'attelage. A l'approche d'un être humain conscient et mobile, l'oiseau voleur déploya ses ailes et prit la fuite. Le garçon s'agenouilla aux côtés de ce corps dont il n'apercevait que la chevelure et le bas des jambes, le reste du corps entièrement recouvert par un épais manteau sombre. Il retourna le corps et chercha le poignet de la jeune femme avant même d'avoir jeté un oeil à son visage.
 
“Alors ?” Demanda Grey que Natsu n'avait pas pu approcher.
 
Le garçon aux cheveux roses leva les yeux vers son compagnon de route.
 
“Faible. On l'embarque.”
 
Grey soupira et reprit son chemin jusqu'à leur véhicule, s'installant à sa place et laissant Natsu faire le sale boulot.
 
“Comme si on avait le temps de jouer les bons samaritains.” Grogna-t-il en voyant son ami arriver.
 
Natsu ignora son commentaire et déposa la belle à l'arrière, s'installant à ses côtés. Mieux valait s'assurer qu'elle ne meure pas en chemin, rentrer avec un cadavre n'allait pas être le meilleur moyen de passer inaperçu.
 
“Ils ne nous poseront pas de question sur notre cargaison s'ils nous voient revenir avec une malade.” Justifia Natsu.
 
Grey se tut, glissa une cigarette entre ses lèvres et haussa les épaules. D'un geste il ordonna aux chevaux de se remettre en route, et c'est avec trois passagers que l'attelage continua son périple.
A taste of Paradise, Chapitre 1.

C'est out pour ce premier chapitre ! J'espère que vous avez aimé ! 
J'ai conscience que ça fait longtemps que je n'ai pas réussi à écrire et du coup... Je suis rouillée. J'ai peur que mes descriptions ne soient pas top, trop pompeuses et trop longues, Du coup, vos avis et vos conseils positifs comme négatifs sont plus que  bienvenus ! Si vous voulez faire partie des prévenus n'hésitez pas à demander ! 
 

Tags : chapitre 1 - a taste of paradise

A taste of Paradise, Chapitre 2. 25/11/2017

A taste of Paradise, Chapitre 2.
  
 
A taste of Paradise, Chapitre 2.
 
La première chose qui la fit sortir de son profond sommeil, c'était l'odeur peu familière de la nature. La nature dans ce qu'elle avait de sauvage, de non-modifiée, peu semblable à celle des champs de fleur ou des immenses jardins de la propriété de son père. Cette odeur lui rappela celle des terres qui annonçaient la proximité du village. Le son arriva ensuite. Chants d'oiseaux, des grillons, des bruits de sabots frappant le sol et le son d'un convoi brinquebalant. Contrairement à la nausée qu'avaient provoqué un peu plus tôt la vue du jardin et des alentours du manoire Heartfilia, ce tableau avait quelque chose d'apaisant. Sans doute parce que, encore enveloppée dans un sommeil superficiel, les événements d'un peu plus tôt semblaient bien lointains.
 
Ce qui la ramena à la lucidité complète, c'est le choc qu'elle ressentit lorsque après une vive secousse, sa tête se décolla de là où elle reposait pour revenir se taper contre cette même surface. 
  
Elle se releva rapidement, sa tête lui faisait mal et la masser la soulageait à peine. Son regard sonda les environs, identifiant l'arrière d'une calèche, une calèche bas de gamme. L'espace était en partie occupé par des sacs en toiles, en partie par un homme qui, en silence, la fixait. Lucy recula rapidement, retenant un cri de surprise à la vue de cet être.
 
L'homme était éveillé et semblait étonnamment calme. Un calme de façade qui s'écroula rapidement, ne pouvant cesser de rejouer dans sa tête la scène qui venait de se passer.
 
Il pouffa de rire un moment,, jusqu'à ce que cela se transforme en un rire franc et incontrôlé. Lorsque la voiture s'immobilisa il était toujours embourbé dans son fou rire, sous le regard en biais de la blonde. 
 
Un autre homme ne tarda pas à apparaître dans son champ de vision. Un brun plutôt grand, à l'air sérieux, mais désintéressé et nonchalant. Étonnamment il lui inspirait plus confiance que son collègue, toujours ouvertement en train de se moquer d'elle. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? La question ne trouva pour réponse qu'un énième flash-back de sa fuite, et la cause de cette dernière.
 
C'était fou comme être le témoin d'un meurtre pouvait vous faire vous sentir en sécurité, même entourée d'inconnus, même quand on ne savait pas où on était. Elle ne verrait rien de pire aujourd'hui que ce qui s'était passé un peu plus tôt. Du moins, elle l'espérait.
 
“T'es qui ?” Balança Grey.
 
Il aurait aimé mieux formuler sa phrase, mais cette situation le mettait mal à l'aise. Il était debout face à l'autre abruti qui continuait à rire comme un phacochère pour une raison qui ne lui revenait pas, et une femme dont il ignorait l'identité, qui le sondait du regard depuis deux bonnes minutes sans dire un mot. Pas une position super confortable, donc;
 
“Lucy. Se présenta-t-elle. 
  - Lucy ? Répéta-t-il pour l'inciter à continuer.
  - Lucy Von Radfort.” Improvisa-t-elle.
 
En espérant que son amie d'enfance ne lui en voudrait pas pour ce petit emprunt. Grey ne sembla pas douter de sa réponse, et encore moins la reconnaître. Autrefois, il était dur pour elle de rencontrer des gens du village qui ignorent son identité. Pas quand ses parents se faisaient un plaisir de faire d'elle le nouveau visage de la marque Heartfilia, l'exhibant partout où ils pouvaient attirer l'attention -et surtout, de nouveaux clients. C'était déjà bon signe.
 
“Bon, maintenant on connait ton nom. On est bien avancés.” Ironisa-t-il.
 
Qu'est-ce qu'il voulait de plus, son numéro de sécurité sociale ? Elle haussa un sourcil.
 
“Où je suis ? Et qu'est-ce que tu veux savoir exactement ?”
  
Il avait l'air pressé par le temps, vu comme un tic nerveux agitait sa jambe droite. Elle entendait le clapotis de sa chaussure, il ne cessait de taper du pied. Ce fut ensuite sa langue qui claqua, claqua contre son palais pour montrer son agacement. Pourquoi est-ce qu'elle faisait une pause avant de répondre à chaque question ? Voir ses yeux devenir vitreux et se perdre dans ses pensées commençait à l'échauffer, la cargaison devait arriver à bon port le plus vite possible, il n'y avait pas de temps à perdre.
 
“Dans notre convoi. On allait au village et on t'a trouvé allongé sur le bord de la route.”
 
Ah oui, la course et l'épuisement qui avait suivi.. Elle avait presque oublié comment tout ça c'était terminé. 
 
“Bon écoute, tu vas au village ?” Souffla-t-il, excédé.
  - Oui. Répondit-elle simplement.
  - Parfait, on te déposera là bas.
  - Je ne peux pas vous payer pour le voyage.” Lança-t-elle.
 
Grey la sonda du regard un moment, avant de hausser les épaules. Sans un mot, il disparut de son champ de vision. Quelques secondes plus tard, ils se remettaient en marche. 
 
“Grey est de mauvais humeur, excuse son manque de politesse.”
 
Elle sursauta, ayant déjà oublié la présence de l'autre personne à côté d'elle. Il s'était arrêté de rire mais son regard restait amusé, et son sourire bien présent. Elle haussa à son tour les épaules.
 
“Je n'ai rien à redire.”
 
Le reste de sa phrase resta en suspens dans l'atmosphère. Elle leur était reconnaissante de l'avoir retrouvée, emportée avec eux et de ne pas la laisser sur le bas-côté. Sans eux, son projet de fuite aurait été avorté à l'endroit précis où elle s'était évanouie. Mais tout ça, elle n'arrivait pas à le formuler à haute voix, il lui semblait falloir économiser le moindre mot, comme si quelque chose risquait de s'échapper si elle se mettait à trop parler. Mais le jeune homme sembla presque comprendre. Il lui tendit sa main.
 
“Je suis Natsu.”
 
Elle acquiesça, regarda sa main et réfléchit quelques instants avant de la saisir. Il la secoua un peu trop vivement, mais la blonde ne le lui reprocha pas.
 
Elle se sentait mieux, maintenant. Bien mieux qu'un peu plus tôt, c'était le calme après la tempête, le calme après la crise nerveuse. L'atmosphère ne se prêtait plus à ses états d'âme tout droit sorti d'un navet de l'époque victorienne, et elle en était plutôt contente. Pour l'instant, elle ne penserait ni à son origine ni à sa destination. Ça valait mieux, car entre l'une qui était la cause de tous ses soucis et l'autre qui se révélerait tout sauf accueillante sans un sous en poche, cette voiture avait tout d'un paradis.
A taste of Paradise, Chapitre 2.
Voilà pour ce chapitre, ce n'est qu'un chapitre pour poser un peu les bases et la rencontre entre les personnages, le prochain aura de l'action, donc... Restez branché ! Le prochain arrivera rapidement, parce que j'ai conscience que celui-ci n'est qu'une mise en bouche et qu'il ne se passe rien dedans. Donc voilà, laissez quand même des avis, positifs comme négatifs, tous sont les bienvenus ! 
Et si vous voulez être prévenus, n'hésitez pas à demander !~

A taste of Paradise, Chapitre 3. 03/12/2017

 
A taste of Paradise, Chapitre 3.
 
A taste of Paradise, Chapitre 3.
 
Natsu finit par rejoindre Grey, comprenant rapidement que Lucy n'était pas du genre bavarde. Il s'installa à ses côtés sans un mot, plongé dans ses pensées. Le brun ne chercha pas à engager la conversation, il appréhendait un éventuel control à l'entrée de la ville. Si les informations qu'ils avaient reçu étaient correct la sécurité avait dû être considérablement accrue...
 
“Je ne crois pas que c'est une bonne idée.” Dit-il enfin.
 
Natsu ne réagit pas tout de suite. Grey s'apprêtait à se répéter quand son ami se décida enfin à lui répondre.
 
“ Ca passe ou ça casse.” Prononça-t-il simplement.
 
Le brun le regardait avec un air incrédule.
 
“ Alors quoi, on va attendre patiemment qu'ils nous pêchent ? Je te comprend pas sur ce coup là, on a fait tout ça pour au final compter sur la chance pour nous sortir de là ? Petit rappel, si elle avait été là pour nous, on en serait pas là, si on compte sur le hasard ou une éventuelle bonne étoile autant aller se rendre tout de suite !
Tu parles comme si on était des criminels ou un truc du genre, on va s'en sortir.”
 
Le moins qu'on puisse dire c'est que la nonchalance de son partenaire l'exaspérait au plus haut point. Non ils n'étaient pas des criminels, mais quand les autorités intercepteraient leur chargement, ils seraient considérés comme tels, et jetés en prison sans aucune distinction. Ce n'était pas franchement le moment d'agir comme si la situation était sous control.
 
Lucy se tourna vers les deux garçons, n'apercevant que leur dos. Leur conversation lui échappait, mais ce qu'elle réussissait à comprendre, c'était que ces sacs en tissus sur lesquels elle appuyait son dos leur vaudraient des ennuis. Elle eut un petit sursaut quand l'homme aux cheveux roses se tourna vers elle. Instinctivement, elle se retourna, agissant comme si elle n'avait pas passé les cinq dernières minutes à espionner leur conversation.
 
Le jeune homme se leva du siège et enjamba le dossier pour rejoindre la blonde, s'installant à ses côtés. Cette dernière ne se décidait pas à lever le regard. Cette partie de la route était rugueuse, il préféra attendre que le bruit produit par les mouvements de la calèche s'évanouissent pour prendre la parole.
 
“ On va avoir besoin de tes talents d'actrice.
Je n'en ai pas. Répondit-elle doucement.
Hum... Ca va être embêtant.” Commenta-t-il avec un sourire au coin.
 
Elle lui jeta un regard en biais avant de, tout de suite après, le ramener vers ses doigts qu'elle s'amusait à entremêler dans un tic nerveux.
 
“Tu as entendu ce que disait Grey à l'instant, pas vrai ?”
 
Un nouveau silence s'installa entre eux. Elle acquiesça lentement.
 
“Si ils veulent contrôler le véhicule, j'aimerai que tu prétendes être malade. Pour ça il faudrait juste que tu fermes les yeux, ouvres ton manteau et laisses entrevoir... Enfin, tu sais de quoi je veux parler.”
 
Instinctivement elle resserra les pans de son manteau, lui jetant un regard accusateur qui ne fit que l'amuser un peu plus.
 
“Si tu as l'air de souffrir ça sera plus vendeur.” Ajouta-t-il.
 
Il la fixa un moment, attendant son feu vert. Elle s'humidifia les lèvres, les yeux collés au plafond, cherchant comment formuler sa réponse.
 
“Hum... Il vaudrait peut être mieux... Qu'ils ne me voient pas...” Insinua-t-elle en lui adressant un regard appuyé.
 
Natsu pencha la tête sur le côté, liant son regard au sien pour y voir plus clair. Il lui fallut un moment avant de comprendre le sous-entendu. Ses paupières s'écarquillèrent et son sourire s'élargit dans un accès de lucidité. On aurait cru voir une ampoule s'allumer au dessus de sa tête. Il se leva et se tourna vers les sacs en tissus, cherchant quelque chose. Une des roues buta sur un obstacle -sûrement un caillou un peu trop gros - et Natsu vacilla en arrière, manquant de tomber sur la jeune femme. Si dans les romans ces scènes de chute avaient tout de romantique, là, on ne pouvait pas s'en éloigner plus. Le garçon tomba en arrière, son dos se rapprochant notablement de Lucy. Pour pour l'empêcher de tomber sur elle, la passagère dut lever ses bras et le pousser. Sauf que ses mains se posèrent sur les fesses du garçon, vu que c'est la seule partie de son corps qui était à sa portée, étant assise. Il retrouva son équilibre, le véhicule aussi, et la gêne les enveloppa tous les deux.
 
Son chemisier blanc tâché de sang faisait ressortir à merveille la rougeur écrevisse de ses joues. Le garçon s'éclaircit la gorge.
 
“Tout va bien derrière ?” Demanda Grey en entendant son ami se racler la gorge.
 
Lucy espérait ne plus entendre les mots fesse, arrière, postérieur ou derrière pour le restant de sa vie.
 
“Super.” Cria Natsu d'une voix un peu trop aigu.
 
Il se pencha au-dessus des sacs qui occupaient l'espace, et en tira un, d'un aspect différent. Une fois rassis à ses côtés, il dévoila enfin son contenu. Des perruques, du maquillage, des vêtements... Des tas de questions vinrent à l'esprit de Lucy en voyant tout ça, noyant au passage le souvenir embarrassant de la scène précédente, mais elle garda le silence et se contenta de saisir ce qu'il lui tendait. Une perruque brune, une paire de lunettes ronde à verre épais...
 
Elle leva la tête pour lui demander ce que voulait dire tout ça, et le garçon prit l'occasion pour bloquer son menton à l'aide de sa main droite. De sa main gauche il posa quelque chose sur son nez. Le geste la prit par surprise. Il se saisit des quelques outils de maquillage et se mit au travail sur le faux nez.
 
Le fait qu'il s'était mis à faire tout ça d'un coup sans lui en toucher un mot lui parut presque déplacé. Elle était obligée de rester assise en silence pendant qu'il la maquillait, qu'il lui touchait le visage, et ce malgré le fait qu'ils ne se connaissaient absolument pas ne faisait qu'achever de la rendre mal à l'aise...
 
“Parfait. Avec ça tu passeras inaperçu.” Conclut-il en la lâchant, admirant son oeuvre avec un air satisfait.
 
Il désigna la perruque puis sa tête pour lui faire comprendre de l'enfiler. Elle s'exécuta et mit également les lunettes à monture rondes et à verre épais. Le résultat semblait plaire au jeune homme, il leva un pouce triomphant qui lui fit esquisser l'ombre d'un sourire.
 
“Avec ça, on ne te reconnaîtra pas.”
 
Il se leva à nouveau et rejoint le siège avant, tapant au passage doucement sur l'épaule de la fausse brune.
 
Elle le regarda faire, perplexe. Ce qui paraissait le plus suspect à propos de ces deux hommes et particulièrement à propos de celui avec qui elle avait eu l'occasion de discuter au cours de ce voyage, ce n'était pas l'existence de ce chargement apparemment illégal ou le fait qu'ils l'avaient embarqué sans un mot. C'était le fait qu'ils ne posaient pas une seule question pour chercher à en savoir plus sur leur passagère clandestine au chemisier tâché de sang et qui, de toute évidence, cherchait à fuir les autorités...
 
Des personnes curieuses.
 
Elle jeta un oeil à son haut. Seul vestige de ce qui c'était passé. Cette seule pensée lui envoya une pique dans la cage thoracique, comme une piqûre de rappel qui faisait mal au moment où on la faisait, mais faisait encore plus mal après, rappelant sans cesse au piqué que cet emplacement existant, qu'il s'était fait piqué ici.  Sa main se posa sur son coeur et elle prit une grande inspiration. Pendant un moment elle resta ainsi, la main posée sur son coeur, le regard perdu dans le brouillard, l'esprit ailleurs, ressassant en arrière plan tous les bruits alentours.. Elle ne saurait dire combien de temps elle passa dans cet état de transe. Ce qui la ramena à la réalité, c'était le boucan dehors.
 
Les chevaux se mirent à hennir bruyamment, la voiture fit une embardée étrange et la tête de Lucy se cogna contre une des poutres qui faisait tenir les murs et le toit en tissu. Super. Maintenant, elle avait mal au coeur, et au crâne. Elle se retourna pour voir où en étaient les deux compères, mais ne les aperçut pas sur le petit banc en bois destiné au conducteur.
 
Les questions volèrent dans sa tête, mais bientôt des éclats de voix retentirent et y mirent fin. Des officiers ? Son coeur battait maintenant plus vite que la normale, elle tenta de se rappeler des indications donnés par le jeune homme de tout à l'heure. Fermes les yeux, aie l'air malade... Elle déboutonna son manteau, et versa un peu d'eau dans sa main, tapotant son visage avec pour donner l'impression d'une sueur froide.
 
Le volume des voix au dehors augmenta soudain. Un bruit fort résonna et Lucy sentit la voiture tanguer légèrement sur le côté.  Qu'est-ce qui était en train de se passer dehors ?
 
Un coup de feu retentit. Un cri aussi. Un cri qui résonna dans son esprit avec un autre cri, différent, et pourtant en essence similaire. Reprend-toi, c'est pas le moment de craquer.
 
Etaient-ce des officiers ou des bandits qui étaient à la cause de tout ça ? Qui avait été blessés, eux, ou les deux propriétaires du véhicule ? Elle se rapprocha de la voute ouverte qui donnait vue sur l'extérieur et permettait accessoirement de sortir du camion, cherchant dans sa botte de quoi se défendre si la situation se gâtait. Une tête apparut dans son champs de vision, elle retint un cri de surprise ; ce n'était que l'homme aux cheveux roses. Lucy le fixa d'un oeil inquisiteur, mais il ne dit pas un mot et lui fit signe de ne pas poser de question, avant de monter à l'intérieur suivi de près par un homme à l'air peu avenant. Loin d'elle l'envie de juger un moine à sa couverture, mais quand on braquait son flingue dans le dos de quelqu'un d'autre, on s'exposait à être jugé négativement par des inconnus.
 
Natsu lui désigna les sacs d'un grand geste de la main. L'homme au pistolet remonta un peu son sombrero pour qu'on aperçoive mieux son visage. Avec son pancho, ses cheveux roux et ses tâches de rousseurs le paradoxe était frappant. On aurait dit un touriste irlandais en visite au mexique. Natsu avait eu du mal à se remettre de son fou rire au début, c'est quand il avait remarqué le pistolet que son rire s'était calmé.
 
“Vous transportez quoi ?”
 
Natsu sourit. Il saisit l'un des sacs et le rapprocha adroitement de l'homme au pancho. Il l'ouvrit et le montra à l'homme, un sourire en coin sur les lèvres. Le roux ne jeta pas tout de suite son regard sur la marchandise, il jaugea d'abord un moment celui qui la lui tendait, peu rassuré par son air confiant. Son regad descendit doucement, il ouvrit grand les yeux un moment, puis son visage se tordit de rage.
 
“J'y crois pas... Un fleuriste... On vient de braquer un fleuriste...” Se plaint-il en levant les yeux au ciel, accompagnant ses paroles d'un mauvais accent mexicain.
 
Il soupira et se tourna. L'habitude d'un homme qui devait sans cesse surveiller ses arrières. Il fit un pas en arrière et leva son arme. Le sourire de Natsu disparut. Lui qui croyait qu'ils allaient en rester là. après qu'il aie constaté que leur chargement n'avait aucune valeur...  
 
Il jaugea ses options. Le temps manquait. L'homme tira, ses yeux se fermèrent, il avait été trop long. Rien ne vint... Il ouvrit un oeil et vit l'homme recharger son pistolet, jurant en espagnol. C'était le moment d'agir.
 
Aucune arme sur lui, il allait falloir s'en tenir aux bonnes vieilles méthodes. Le temps que l'homme aie relevé son arme, Natsu lui avait déjà asséné le premier coup. Un coup de pied dans le ventre, qui le fit tituber en arrière. Avant qu'il aie le temps de reprendre ses esprits, le jeune homme lui asséna un deuxième coup de pied, dans la tête cette fois, et en profita pour se rapprocher et lui donner un coup de coude, juste assez fort pour lui casser le nez. L'homme bascula en arrière, jurant en français cette fois, mais se stabilisa à l'aide de son genou et pointa son arme sur Natsu. Le coup allait partir, son doigt était déjà sur la gachette. A la vitesse d'une balle, quasi-impossible de l'éviter. Il criait à son esprit de bouger, mais il était comme tétanisé. La balle allait partir.
 
Pourquoi ne tirait-il pas ?
 
Le garçon ouvrit un oeil. Quand avait-il fermé les yeux ? Ca avait été comme un réflexe. Pour ne pas voir la mort arriver. Tout ce qu'il vit, c'était l'homme étalé sur le plancher, et Lucy, debout aux pieds du corps, une arme en main. Un couteau plus précisément. Il paniqua au début. Elle l'avait tué ?  Non, la lame était immaculée, pas de trace de sang. Un soupir de soulagement lui échappa. C'était avec le manche qu'elle l'avait frappée, répétitivement.
 
“... Merci.” Prononça-t-il après un moment de silence.
 
Elle hocha la tête, gênée. Elle récupéra l'arme et la lui lança. Il l'intercepta avec un sourire. La situation commençait à tourner à leur avantage.
 
Mouais... C'était un bien grand mot, avantage. Une fois le soulagement d'avoir été sauvé passé, il ne restait plus que la réalité. Un corps inerte face à eux -peut-être encore en vie, peut être pas-, une bande de bandit entourant leur camion, et plus important, un meilleur ami blessé encore dehors...
 
On fait mieux comme situation avantageuse...
 
A taste of Paradise, Chapitre 3.
Voilà pour ce chapitre ! Je n'ai pas grand chose à dire dessus, j'ai voulu faire démarrer un peu l'action, est-ce un succès ou un bide ? Je vous laisse trancher et me donner votre réponse en com ! Toutes les remarques et suggestions sont les bienvenues, alors n'hésitez pas à donner vos avis en com !
 
Si vous voulez être prévenus, dites le moi en commentaire~

A taste of Paradise, Chapitre 4. 09/12/2017

A taste of Paradise, Chapitre 4.
 

Natsu regarda autour de lui, la main sur les hanches. Lucy profita de son inattention pour ranger sa dague.

Le geste lui était venu presque machinalement, de sang froid elle s'était servie du manche de l'arme pour abattre l'homme. Trois coups, portés de toute la force de ces maigres bras, et il était tombé, inconscient.

“Qu'est-ce qu'on fait ?” Demanda Natsu avec un rire nerveux.

Elle tourna la tête vers lui, étonnée. L'espace d'un instant, elle avait oublié qu'ils étaient dans la même galère. Cette pensée la rassura un peu. La pression sur ses épaules se faisait moins ressentir à présent.

“Ils tiennent encore Grey, on peut ni les menacer, ni s'enfuir avec la voiture...”

Dit comme ça... Ouais, ils étaient fichus.

“On est fichus.” Soupira Natsu.

Dit à haute voix par la boule de positivité, cette déclaration sonnait beaucoup plus défaitiste et déprimante que dans son esprit.

“Mais non. Intervint Lucy d'une petite voix. On tient le chef Gonzales, on peut s'en sortir.”

Le garçon leva la tête, surpris par ses paroles. Il ne s'attendait pas à ça venant d'elle, et remarqua que ça lui avait demandé un certain effort. Touché par le comportement de son interlocutrice il ne put que sourire, attendri. Lucy lui sourit en retour. Une complicité se tissa entre eux, comme entre deux criminels qui n'étaient pas au bout de leurs peines.

“Reste plus qu'à trouver un plan... La partie la plus compliquée c'est ça, d'ailleurs. Soupira-t-il, appuyant son dos sur la paroi. On a pas beaucoup de temps, d'une minute à l'autre ce faux mexicain - ou faux irlandais, je sais pas trop- pourrait se réveiller, ou ses camarades dehors pourraient en avoir marre de poireauter.”

Lucy hocha la tête, l'air grave. Ils devaient commencer à trouver le temps long dehors, elle les entendait s'agiter.

“Une prise d'otage ?” Suggéra-t-elle en montrant le corps du chef des malfrats.

Natsu considéra la proposition.

“Ils ont Grey. Un otage bien plus précieux à nos yeux que le chef l'est aux leurs. Dans ces groupes, les chefs sont aussi remplaçables que le pion en bas de l'échelle.”

Pas faux. C'était le moment de faire marcher ses méninges, mais la voie semblait condamnée. L'idée de la prise d'otage se trouvait à chaque issue, les orientant vers le même cul de sac, Grey. La frustration s'accumule rapidement, ils avaient le cul entre deux chaises, clairement, le temps manquait.  

“Tu saurais l'imiter ? Suggéra Lucy, s'accrochant à la seule idée qui semblait pouvoir marcher.
 - Qui Grey ?
 - Non. Réfuta-t-elle en levant les yeux au ciel.

D'un regard elle désigna le corps de leur otage. Natsu hésita un instant, mais se laissa néanmoins aller à faire un essai, qui laissa la blonde perplexe. Il soupira et retenta le coup, deux ou trois fois, jusqu'à réussir à conquérir son jury, qui leva un pouce triomphant. Sa voix ressemblait déjà pas à mal à celle de l'homme au pancho, maîtriser l'accent était un jeu d'enfant... L'imitation fut donc maîtrisée très rapidement.

La joie qu'il ressentit après avoir réussi son audition fut brève.

Et après ? Un nouveau talent à ajouter à sa liste de talent inutile, comme celle d'un ventre insensible aux méfaits du chili ou le fait qu'il savait faire du crochet.

“Demande à ce qu'ils fassent remonter Grey ici.
 -T'es folle ? Tu crois  qu'ils vont pas remarquer le corps inconscient de leur chef en apportant l'autre abruti ici ?
 -Tu le remonteras toi, je sais pas il doit bien y avoir un moyen...
 -Je vois mal comment ça pourrait marcher, ils sont pas complètement abrutis là dehors !
 -Chef ! Tout va bien ?” Hurla un des voleurs, le ton suspicieux.

Ils se figèrent sur place. Qu'est-ce qu'on fait ? Lui intima le jeune homme. Lucy lui fit signe de répondre, et après une série de gestes incompréhensibles et d'échanges de chuchotements pressés, Natsu put enfin rentabiliser son nouveau talent. Rassurer les autres bandits leur laissait un moment de répit. Lucy se rapprocha de son co-équipier et lui chuchota son plan, à présent alerte des oreilles indiscrètes autour d'eux. Le garçon écouta, mi-perplexe, mi-convaincu. Avec un peu d'ingéniosité, ça pourrait marcher. Le problème, c'était qu'il était à court d'ingéniosité, il ne se voyait pas réussir ce tour de main...

“C'est la meilleure solution qu'on aie.” Conclut-il, lui tendant la main.

Elle la serra. Yeux dans les yeux, ils scellèrent tacitement un deal qui risquait de leur coûter leurs peaux.
A taste of Paradise, Chapitre 4.


“Amène-toi Jose !” Appela Natsu avec un mauvais accent mexicain.

Dehors le boucan s'était atténué. Sans doute se concertaient-ils silencieusement, par peur de leur chef, ou dans le pire des cas parce qu'ils se doutaient de quelque chose. Un soulagement sans nom submergea Lucy quand le dénommé Jose entra dans son champ de vision. Il se tenait debout devant l'entrée du véhicule, surveillant du coin de l'oeil le reste des hommes et leur otage. Il était tout aussi roux, et tout aussi peu mexicain.

“¿qué pasa Chef Gonzales ?”

Il s'appelait donc vraiment comme ça ? En temps normal, Lucy aurait éclaté de rire, mais là, la situation s'y prêtait peu. Par miracle, Natsu qui n'avait en temps normal pas ce type de filtre réussit à se retenir de rigoler.

Lucy s'était installée à côté du chef Gonzales, les mains liées par une corde à peine attachée. Il fallait qu'elle aie l'air docile et en incapacité d'agir, mais qu'elle puisse défaire ses liens aisément au moment venu. De là où se tenait Jose, il était impossible de remarquer que son chef était endormi/inconscient/Peut-être mort. Gonzales était assis, appuyé contre l'une des parois, son visage caché par les bords de son large chapeau. Ils avaient réussi à faire en sorte qu'une des cigarettes de Grey reste coincée entre ses lèvres pour que son ami ne s'aperçoit pas que ses lèvres étaient fermées lorsqu'il parlait. Le manque de luminosité et l'ombre de Lucy achevaient la supercherie.

“Où est le machin aux cheveux roses ?” Demanda José, méfiant en n'aperçevant pas Natsu.

Une petite perle de sueur glissa sur la tempe de la blonde. Elle qui espérait qu'il n'aie pas la présence d'esprit de remarquer son absence... Le garçon était bien caché derrière le rideau qui avait été écarté pour laisser l'accès à l'arrière du camion libre. Il n'était pas dans le champ de vision du curieux, et même s'il venait à monter dans la calèche, il ne le verrait pas.

“Caché sous tous ces sacs. Un peu trop curieux, j'ai dû l'abattre.” Improvisa le complice de Lucy.

Jose sourit, satisfait par la réponse de l'homme au sombrero. Ses soupçons s'évanouirent, apparemment il reconnut dans cette réplique l'attitude habituelle de son supérieur.

“Amenez le prisonnier blessé. On a un deal. Leur marchandise vaut pas un sou, on embarque la fille.” Récita Natsu.

Le dénommé Jose resta un instant contemplatif. Il jaugea Lucy du regard, avant de sourire grassement. C'était bien mieux que le chargement de meubles qu'ils avaient détourné le matin-même. Enthousiaste, il s'exécuta. Natsu et Lucy soufflèrent en choeur, soulagés et satisfaits du déroulement de leur petit plan.

Ils en avaient réussi la première étape. Maintenant, fallait réussir à faire monter Grey dans le véhicule sans évoquer de soupçons. Lucy se tourna en entendant les bruits de pas se rapprocher. Jose faisait avancer le brun, le pistolet braqué contre son dos pour lui rappeler qu'au moindre faux pas, s'en était fini pour lui.

C'était bien lui qui avait été la victime du coup de feu d'un peu plus tôt. Il se tenait l'épaule fermement. Le sang avait coulé le long de son bras, tâchant sa chemise, seul vestige de la blessure subie un peu plus tôt ; le visage du jeune homme restait impassible. S'il souffrait, il n'en laissait rien paraître. Il monta aisément à l'intérieur de la calèche, jaugeant à son arrivée de la situation d'un oeil expert.

“Laisse le monter, la blonde va descendre.” Indiqua Natsu à Jose qui tentait de les rejoindre, toujours plongé dans son rôle d'imitateur.

Face à l'ordre, l'homme obtempéra. Lucy se leva et avança doucement vers l'homme armé. Elle prit son temps, agissant comme si elle avait été blessée à la jambe, histoire d'endormir un peu plus sa vigilance. Enfin arrivée au bout du chemin, la blonde fit mine de s'accroupir pour descendre plus facilement. La vigilance du bonhomme était endormie. Il tendait quasiment les bras pour l'y repêcher.

Le bon moment.

Elle se décala sur le côté, dévoilant l'homme aux cheveux roses qui portait dans ses bras le corps de Gonzales. Si la vue seule de son supérieur inconscient glaça Jose, se le recevoir en pleine poire le cloua au sol. Les conversations alentoures se turent, l'instant sembla comme figé dans le temps. Profitant de ce moment de flottement et d'incompréhension générale, Lucy se dirigea vers le siège conducteur à toute vitesse et s'y installa. Ses mains serrèrent les rennes et, d'un geste sec, elle remit en marche le convoi.

Pistolet en main, Natsu s'occupait de la défense. Ceux qui ne s'étaient pas attroupés autour de Gonzales et avaient gardé en tête leur objectif s'élançaient à leur poursuite, les plus malins à cheval, les autres à pied. Il fallait gagner du temps, le temps pour eux de prendre la vitesse et de laisser derrière eux les ennuis. Sa main tremblait. Il tenait en main de quoi mettre fin aux jours de quelqu'un, et un seul mauvais geste resterait dans sa conscience.

“Les chevaux, Natsu.”

Le jeune homme se tourna vers Grey, les sourcils froncés.

“T'es taré, je vais pas les tuer !
 - Dans les pattes.
 - Je peux pas faire ça à des animaux !” S'indigna Natsu.

Lucy peinait à contrôler le véhicule. Tout tenait à une épingle à cheveu, tout son esprit restait concentré sur sa tâche. Le problème, c'était qu'elle entendait ces deux idiots se disputer à l'arrière, et le fait qu'ils soient capables de se chamailler même dans ce type de situation était loin de l'aider à focaliser son attention.

“Putain écoute moi deux secondes, tu veux sauver nos vies ou pas ?”

Avant que Natsu aie pu répondre, Grey qui s'était approché et lui avait enlevé l'arme des mains. Son ami se leva, énervé, jurant -en espagnol- contre le manque de coeur de son ami.

“Merde les animaux ont rien fait Grey on peut pas tuer des chevaux !”

Grey tira d'abord dans l'épaule de celui qui, au cours de leur discussion, avait réussi à s'approcher et à s'accrocher à l'arrière de la voiture, sans sourciller. Il baissa le bras et visa le sol, tirant répétitivement près des sabots des chevaux de leurs poursuiveurs. Effrayés, les bêtes s'agitèrent, rendant impossible le control de leur cavaliers.

“Merde, on va les perdre si ça continue, gardez le control de vos montures !” Hurla celui qui semblait les mener.

D'un oeil expert, Grey l'isola du reste et visa le pied de son cheval.

“Non !” Hurla Natsu en voyant l'animal tomber sur le côté, entraînant avec lui son cavalier.

Il se sentait affreusement mal, tandis que Grey, toujours impassible continuait à tirer. Tous se stoppèrent enfin lorsqu'il fut de notoriété connue que le chef de l'opération était tombé. Le reste de la bande se rassembla autour du meneur déchu, et la distance avec la calèche de nos héros fut enfin assez marquée pour qu'ils puissent enfin s'estimer hors de danger.

Grey soupira, soulagé . Il leva un regard triomphant vers son ami mais ne rencontra qu'un mur de glace. Ironie du sort. Ce n'était pas le schéma habituel de leur relation. Natsu lui adressa un regard plein de dédain, avant de rejoindre Lucy sur le siège conducteur, rejouant inlassablement la scène de la chute de l'équidé dans son esprit sans que, pour une fois, cela ne lui amena l'ombre d'un sourire...

A taste of Paradise, Chapitre 4.

Chapitre terminée ! Donc... Pour être honnête j'ai deux peurs pour ce chapitre : que la description soit un peu lourde et ne permette pas de bien s'imaginer la scène (voire même gêne la compréhension) et surtout, qu'à la fin du chapitre vous vous dites "quoi, c'est tout ? C'était trop facile" ou un truc du genre. Si vous aviez des suggestions sur comment ça aurait pu se passer, elles sont les bienvenues~ 
 
Aussi, je voulais vous demander, pensez vous que les chapitres sont trop courts ? :3
Voilà sinon vos avis sont bien sûr plus que bienvenues, ça m'aiderait beaucoup d'avoir vos avis constructifs ! Si vous voulez faire partie des prévenus dites le moi en com ! ^v^